Nice en arrière-saison : la Côte d'Azur qui respire enfin

Il y a un moment, chaque année, où Nice cesse d'appartenir aux touristes pour redevenir niçoise. Ça commence vers la mi-septembre, quand les familles ont remballé leurs parasols, que la lumière prend cette teinte dorée un peu plus basse, et que l'on peut enfin poser sa serviette sur les galets de la baie des Anges sans jouer des coudes. Si vous pouvez décaler votre séjour à cette période, faites-le. C'est le meilleur secret mal gardé de la Riviera.

La fin de l'été, sans la foule

La mer reste chaude jusqu'en octobre — souvent 22 ou 23 degrés, un luxe que les Parisiens de la mi-août ne connaissent pas. Les terrasses du Vieux-Nice se libèrent, on trouve une table à la socca sans faire la queue chez Chez Pipo ou René Socca, et le marché du cours Saleya retrouve son rythme, plus vrai, moins carte postale.

Profitez-en pour prendre le petit train du littoral ou la voiture jusqu'à Villefranche-sur-Mer et Cap-Ferrat : les sentiers du bord de mer, écrasés en juillet, se parcourent enfin à l'ombre agréable. Le sentier du littoral autour du Cap, gratuit et spectaculaire, mérite à lui seul une matinée.

Les vendanges, à deux pas de la mer

Ce que beaucoup ignorent : l'arrière-pays niçois produit du vin, et pas n'importe lequel. L'appellation Bellet, l'une des plus petites de France, se niche sur les collines à l'ouest de la ville, à moins de trente minutes du centre. Fin septembre, c'est la saison des vendanges, et plusieurs domaines — comme le Château de Bellet ou le Clos Saint-Vincent — ouvrent leurs portes pour des dégustations dans un cadre où l'on voit la Méditerranée entre deux rangs de vignes.

Plus largement, la Provence entière entre en effervescence à cette période. Si vous poussez vers l'ouest, les villages du Var et du pays d'Aix célèbrent leurs propres fêtes des vendanges, avec foulage du raisin, marchés de producteurs et repas partagés. Prévoyez une voiture : les meilleurs moments se vivent dans les villages, pas dans les offices de tourisme.

Concrètement, pour organiser

  • Y aller : Nice est directement reliée à Tel-Aviv, avec un aéroport à quinze minutes du centre en tramway. Un vrai atout pour un long week-end prolongé.
  • Où loger : évitez la Promenade des Anglais, chère et bruyante. Le quartier du Port ou celui de la Libération, plus populaires, offrent le vrai Nice à meilleur prix.
  • Manger local : pissaladière, pan-bagnat, petits farcis. La cuisine niçoise est simple, généreuse et pensée pour la saison.

Mon conseil honnête : réservez sur la dernière semaine de septembre. Vous aurez encore la baignade, la douceur des soirées sur le port, et cette énergie particulière d'une ville qui, entre deux verres de Bellet, redevient elle-même.