
Nice en septembre : la Riviera rendue aux vivants
La première fois que je suis revenu à Nice fin août, j'ai fui la promenade des Anglais bondée. La deuxième fois, j'ai attendu septembre. Rien à voir. La mer garde ses 24 degrés, le soleil tape encore franc sur les galets, mais les serviettes ne se touchent plus et les terrasses respirent. C'est la vraie saison des connaisseurs, celle où la Côte redevient habitable.
Une mer chaude, des plages enfin respirables
En septembre, la Méditerranée est à son plus tiède : elle a emmagasiné toute la chaleur de l'été. Les plages publiques comme Beau Rivage ou celle du Centenaire se dégagent dès la deuxième semaine, quand les familles rentrent. Prévoyez des sandales : les galets niçois ne pardonnent pas les pieds nus. Pour nager au calme, filez vers la crique de la Réserve, à l'est du port, moins touristique et plus profonde.
Le soir tombe plus tôt, mais la lumière de fin de journée sur la baie des Anges vaut à elle seule le déplacement. C'est l'heure du apéritif face au Château.
La gastronomie sans la queue
Hors saison, on obtient enfin une table sans réserver trois semaines à l'avance. Le Vieux-Nice retrouve son rythme : allez au marché du cours Saleya le matin (fermé le lundi, jour des antiquaires) pour la socca chaude, cette galette de pois chiche cuite au feu de bois. Chez Pipo ou Chez Thérésa, c'est une institution.
Goûtez aussi : - la pissaladière, tarte à l'oignon confit et anchois - les petits farcis niçois - une vraie salade niçoise — sans pommes de terre ni haricots verts, les puristes vous le diront
Pour la cuisine casher, quelques adresses existent autour de la rue Pertinax et du quartier Libération, pratique si vous arrivez de Tel-Aviv.
Les villages perchés, enfin accessibles
Septembre est le mois idéal pour l'arrière-pays, quand la chaleur devient supportable pour marcher. Louez une voiture ou prenez le bus 82 vers Èze, village médiéval accroché à 400 mètres au-dessus de la mer, avec son jardin exotique. Poussez jusqu'à Saint-Paul-de-Vence et sa fondation Maeght, ou vers Menton et sa vieille ville ocre, à un saut de la frontière italienne.
Le train de la côte, lui, dessert Villefranche-sur-Mer, Beaulieu et Monaco pour quelques euros — bien plus malin que la voiture aux heures chargées.
Pratique depuis Tel-Aviv
Des liaisons directes relient Tel-Aviv à l'aéroport Nice Côte d'Azur, à peine à quinze minutes du centre en tramway (la ligne 2 vous dépose sur la promenade). En septembre, les tarifs baissent nettement par rapport à juillet-août, tout comme les hôtels du Carré d'Or.
Mon conseil : visez la première quinzaine pour l'eau la plus chaude, la seconde pour les prix les plus doux. Et gardez une soirée pour ne rien faire d'autre que regarder la mer virer au rose depuis la colline du Château. C'est gratuit, et c'est le meilleur souvenir que Nice vous offrira.